Petit manuel d’auto-défense de l’emploi

Voilà bien longtemps que je n’avais plus rien écrit sur mon vieux blog 0x0ff.info. Il faut bien avouer que le temps que l’on sait trouver en abondance lorsque l’on est étudiant se raréfie très rapidement lorsque l’on entre dans la vie active…

Si je prends le temps d’écrire cet article, c’est pour vous partager ce que j’ai appris sur le marché du travail lors de mes 8 premières années de carrière. Avec l’espoir que cela vous épargnera certaines déconvenues…

Ainsi l’objectif de ce papier est de vous présenter les meilleures façons (selon moi) d’accéder au marché de l’emploi lorsque l’on dispose de compétences dans les métiers de l’informatique, en tant que technicien ou ingénieur… Et que l’on travaille dans l’un des grands pôles d’activité du territoire Paris, Aix-en-Provence/Marseille/Sophia Antipolis, Toulouse, Lyon, Bordeaux (pour les principaux)… Car oui, si vous résidez loin de ces centres d’activité il est très probable que vos options soient un peu plus restreintes que celles présentées ci-après. Et vous serez sans doute plutôt amené à trouver un CDI auprès d’une société implantée localement.

Car en effet, dans ces grands pôles il existe plusieurs façons d’accéder à un même poste. Et avec des rémunérations bien différentes d’une méthode à l’autre, allant parfois du simple au triple !

 

Attention #1 : D’aucun pourrait me reprocher un manque de nuance dans ce billet, et je peux vous dire que son écriture à été reprise de nombreuses fois tellement je ne savais pas comment présenter le sujet de façon honnête, sans trop de colère ni d’aigreur. Mais finalement je pense qu’il est plutôt bénéfique de garder un ton incisif et acerbe pour une mise en garde… Car oui je vois ce papier comme un avertissement.

Même si ce n’était pas les perspectives initiales d’écriture, force est de constater que si l’on souhaite présenter honnêtement ce sujet du point de vue du travailleur, c’est nécessairement à charge contre les SSII/ESN (Entreprise de services du numérique).

Cet article présente mes opinions et sentiments quant au fonctionnement actuel du marché du travail dans les secteurs de l’informatique.

Ces conclusions sont très largement partagées par les consultants que j’ai pu rencontrer (et même partagées par bien des commerciaux et autres collaborateurs au sein des ESN, c’est pour dire), il ne s’agit cependant pas d’une étude chiffrée et documentée comme il se devrait. Ce travail m’aurait probablement demandé des années plutôt que des dizaines d’heures; et il aurait certainement donné lieu à un livre plutôt qu’a un article de blog relativement concis. Alors prenez ce que vous vous apprêtez à lire comme tel s’il vous plaît lecteurs !

Cela étant dit, plus de 10 ans se sont écoulés depuis mon tout premier emploi (en tant qu’apprenti a long time ago in a galaxy far, far away). Ayant été employé par plusieurs ESN; ayant réalisé mon activité en temps que freelance; ayant à présent lancé en association ma propre société de portage salarial; je pense avoir la légitimité suffisante pour proposer un témoignage valant au moins un petit quelque chose.

Oui vous avez bien lu !  comme nous en discuterons bientôt, j’ai fondé en association une société de portage salarial comme réponse à ce que je m’apprête à dénoncer. C‘est donc un biais inévitable qui tintera mes propos, cependant j’essayerai d’être le plus honnête possible. D’un autre côté, c’est aussi un éclairage supplémentaire, ayant eu la chance de voir les deux côtés de la barrière.

Vous pouvez consulter mes deux autres articles complétant cette introduction :

Pourquoi travailler, soyons honnête

Débarrassons-nous tout de suite de la question qui fâche. La question que je pose ici n’est pas d’ordre philosophique, elle est tout juste d’ordre sociétale : quelle est la raison première qui nous pousse à chercher du travail ?

La réponse est simple, pourtant l’énoncer nous met mal à l’aise : pour gagner de l’argent.

Aujourd’hui notre modèle sociétal nous impose de souscrire à ce paradigme économique : si l’on souhaite vivre correctement dans les normes de notre société, il faut être autonome financièrement.

Libre à chacun de se détacher de ce carcan pour chercher à mieux vivre autrement, cependant ce n’est pas le sujet de cet article qui se veut plus terre à terre. (Et après tout qui sait, ce sera peut-être le sujet d’une prochaine publication.)

Bien entendu, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, tout le reste compte : le plaisir de la technique, la satisfaction de participer à une entreprise qui est en accord avec nos principes et notre vision du monde, le lien social que l’on peut trouver dans ces structures… Mais aucune de ces excellentes raisons n’est l’élément déclencheur de notre carrière. Si l’on entre dans la vie active c’est bien dans le but d’atteindre cette émancipation sociale tant désirée, être en mesure de quitter le foyer familial et de découvrir les limites de notre propre autonomie.

Ainsi, on découvre bien vite que plus nos revenus sont élevés (par rapport à un travail donné, car le but n’est pas de se tuer à la tâche non plus), et plus il nous sera permis de bien vivre dans notre société contemporaine décadente.

Maintenant que ce gros tabou est évacué, entrons dans le vif du sujet.

Quel statut adopter ?

Concrètement, lorsque vous êtes actif sur le marché du travail il existe deux grandes voies d’accès aux missions :

  • En interne (CDI auprès d’un client final),
  • En prestation de service.

Lorsque l’on opte pour la prestation de service, il existe à nouveau 3 façons* d’accéder à un même poste (j’insiste sur le mot “même” qui est la pierre d’angle de mon discours) :

  • En CDI dans une SSII/ESN (Entreprise de services du numérique) qui nous enverra en prestation auprès d’un client final,
  • En freelance auprès d’une ESN qui portera le contrat commercial de prestation auprès d’un client final (avec parfois une autre ESN en coupure, ce que l’on nomme un Rang 2),
  • En CDI de portage salarial qui portera le contrat commercial de prestation auprès d’un client final (avec parfois une autre ESN en coupure, ce que l’on nomme un Rang 2),

* j’exclue volontairement le CDD et le CDI de chantier de ma liste qui sont des contrats très peu pratiqués dans nos domaines et sont selon moi à éviter hors cas très spécifiques que je pourrais éventuellement détailler sur ce blog si c’est demandé.

Il existe des avantages et inconvénients à chaque statut, malgré tout je suis convaincu que la méthode “CDI dans une ESN” n’a plus sa place en 2020 dans ce tableau (en tout cas dans l’état actuel des choses).

Attention #2 : à mi-chemin entre les CDI internes et les CDI en ESN, se trouvent les CDI dans les sociétés/cabinets de conseils spécialisés dans l’expertise et la vente de prestations courtes durées (audit réseau, système et sécurité, expertise sur certaines technologies/applications, etc.). Je n’ai pas pratiqué ce type de structure et je vous laisserais donc mettre le curseur là où il vous semble le plus approprié. Si vous êtes d’ailleurs dirigeant, salarié, client de ce type d’entreprise, je vous invite à laisser en commentaire votre retour sur la pertinence des différents points énoncés dans les chapitres “CDI interne” et “CDI en ESN” (en essayant d’être critique dans les deux sens si possible :)).

Considérons dans cet article le cas le plus standard, c’est à dire les prestations longues durées (2 à 3 ans), voici la thèse que je vais défendre ici :

  CDI CDI ESN Freelance Portage Salarial

Rémunération*

moyenne faible très élevé élevé
Risque faible moyen moyen faible
Trouver une mission difficile facile moyen facile
Stabilité élevé moyenne moyenne moyenne
Gestion faible faible élevée moyenne
Perspectives de carrière

élevées

  • Technique
  • Management
  • Gestion de projet

restreintes

  • Technique
  • Gestion de projet

élevées

  • Technique
  • Gestion de projet
  • Formations
  • Tout activité Pro

élevées

  • Technique
  • Gestion de projet
  • Formations

Rémunération* : comprend les avantages (CE & assimilés) et les primes qui sont de façon générale toujours comptées dans le “package” rémunération (entourloupe numero uno chez tous les commerciaux pour négocier votre salaire à la baisse, à bon entendeurs les jeunes).

Attention #3 : sont présentés ci-après certains lieux communs que vous entendrez si vous tendez l’oreille. C’est ce qu’il se dit, c’est ce qu’il se pratique. Loin de moi l’idée d’émettre à chaque point un jugement de valeur (ce que je ne m’interdis pas non plus de faire comme vous le verrez). Donc ne me tombez pas dessus dans les commentaires, cet article a été écrit avec la volonté de présenter ma vision (cynique ? pragmatique ?) du marché dans nos domaines.

Le point de vue du client (entreprise) : Internalisation vs Prestation

Il me semble important de cerner un minimum pourquoi une entreprise optera pour l’embauche ou aura recours à de la prestation de service.

Sachez que généralement un client n’opte pas pour l’un ou l’autre de toute façon. En réalité les deux statuts cohabitent, et souvent dans les mêmes équipes.

Si un poste est proposé à un moment en interne et/ou en prestation, c’est souvent plus une question d’enveloppe qu’autre chose, et de place disponible d’un côté ou de l’autre de cette balance financière et légale.

Pourquoi le client final opte pour l’internalisation (CDI)  ?

PROS.
  • Dans les métiers de l’ingénierie les profils ne sont pas rares, mais les bons éléments on souhaite forcément les garder car leurs connaissances et compétences ont une grande valeur. Le CDI est donc un moyen de pérenniser un savoir-faire au sein de l’entreprise ! Un nouvel arrivant mettra plusieurs mois avant de maîtriser suffisamment son périmètre technique pour être vraiment efficace, et d’une certaine manière la société investit du temps et de l’argent dans la formation des ressources (humaines) entrantes. Il n’est donc pas très efficient de laisser un collaborateur formé quitter son poste au bout de quelques mois. En effet la limite de durée d’une prestation à un même poste est généralement de 2 ou 3 ans. Ainsi, si l’on imagine 6 mois d’investissement pour rendre un collaborateur performant, on peut considérer que 1/4 du temps passé dans la mission a été consommé pour le former, – Ce point pourrait être discuté en long en large et en travers c’est sûr. Cependant c’est un lieu commun que vous entendrez de façon systématique si vous tendez l’oreille près d’un service RH ou près de la gestion des achats. Vous savez tous ces métiers formidables où l’on peut exercer librement son petit pouvoir mesquin sur la carrière et le bien-être de collaborateurs, et ça sans aucune formation à l’éthique bien entendu !
  • Globalement, l’embauche est moins coûteuse que l’achat de prestation de service.
CONS.
  • L’embauche n’est pas une démarche anodine pour une entreprise. S’il est facile de rompre un contrat de travail du côté du salarié, il est en revanche très difficile voire impossible de rompre un contrat de travail du côté de l’entreprise (en France). Ainsi, si le salarié ne remplit pas totalement les attentes de la société qui l’emploie, la marge de manœuvre pour l’employeur est faible… Très faible (Enfin si l’on est une PME ! Car finalement beaucoup de grands groupes ont des enveloppes prud’hommes (secrètes ?) pour permettre de sortir leurs salariés les plus problématiques. Rappelez-vous le Attention #3). C’est pourquoi les sociétés préfèrent embaucher des prestataires qui ont fait leurs preuves au sein de leurs équipes ou opter pour des profils expérimentés avec des références,
  • La législation française impose un cadre pour la réalisation de prestations de service, et les sociétés doivent maintenir une cohérence entre le nombre de salariés et le nombre de prestataires pour une mission donnée (au risque d’être poursuivi pour travail dissimulé). Une société est donc obligée d’embaucher, dans une certaine mesure,
  • En cas de baisse d’activité, une société ne peut pas disposer de ses salariés comme elle dispose de ses prestataires. Ces effectifs sont donc à compter dans les coûts et charges, dans le meilleur comme dans le pire de l’activité.

Pourquoi le client final opte pour la prestation ?

PROS.
  • C’est un moyen peu risqué d’identifier les très bons éléments sur quelques mois de travail effectif pour ensuite leur proposer une embauche (et/ou ceux qui savent se montrer sous leur meilleur jour, mais c’est une autre histoire),
  • Les contrats de prestation étant renouvelable sur 2, 3, 6 mois en général, les prestataires constituent la fameuse “variable d’ajustement” du budget de l’entreprise :
    • Activité en hausse : entrée de prestataires,
    • Activité en baisse : pas de renouvellement des contrats et sortie de prestataires.
CONS.
  • Il n’est pas très efficient de laisser un collaborateur formé quitter son poste au bout de sa période de prestation, car la montée en compétence peut être longue (1 an sur des périmètres très techniques n’est pas impossible).
  • Globalement, l’achat de prestation de service est plus coûteux que l’embauche.

Du point de vue du travailleur

Pourquoi opter pour un type de statut plutôt qu’un autre et pourquoi éviter les CDI en ESN à tout prix.

Pourquoi opter pour un CDI interne ?

Il s’agit de la méthode d’accès à l’emploi la plus “classique”. Pour le salarié, il arrive un moment où l’on souhaite privilégier la stabilité : achat d’une maison, enfant, projets divers locaux, etc. et le CDI interne (chez le client final) est une réponse facile, efficace et rassurante. C’est également la seule solution qui permet d’accéder à certaines positions hiérarchiques.


Rémunération : moyenne
PROS.
  • La rémunération en CDI interne est généralement supérieure à ce que l’on peut attendre d’une rémunération en prestation pour un même poste,
  • De manière générale, vous pouvez compter sur une augmentation annuelle automatique (généralement faible mais stable),
  • Les perspectives de carrière étant très riches au sein d’une même entreprise, la prise de responsabilité ou l’évolution au sein de la société induit généralement une requalification salariale menant à une augmentation significative,
  • Les primes et le CE sont des “rémunérations” qui permettent une petite optimisation fiscale.
CONS.
  • Rester longtemps à un même poste sans prendre de responsabilité induit un glissement rapide de votre salaire en votre défaveur par rapport au prix que vous valez réellement sur le marché du travail (particulièrement vrai les 10 premières années, au bout d’un moment la tendance s’inverse, disons 20~25 ans de carrière… à la louche),
  • Si vous vous orientez vers la technique ou la chefferie de projet, sur un même poste vous êtes énormément perdant en terme de rémunération par rapport à un statut freelance/CDI en portage salarial.

Risque : faible 
PROS.
  • Vous êtes un cadre en CDI, qui plus est dans un domaine ultra porteur ou la demande est beaucoup plus forte que l’offre, vous ne risquez pas grand chose concernant votre emploi.
  • Pour tous les problèmes de la vie, l’état vous couvre (retraite, santé, maladie).
CONS.
  • Rien de significatif.

Trouver une mission : difficile
PROS.
  • Il est probable que vous soyez approché par des entreprises avec qui vous avez déjà travaillé. Vous connaissez donc les personnes, le contexte technique et la réalité sociale de la société et des équipes. Dans ce cas là vous êtes en relative maîtrise du terrain et vous devriez être en mesure de tirer le meilleur des entretiens préliminaires,
CONS.
  • Il est significativement plus difficile de trouver un CDI en interne qu’un contrat de prestation, particulièrement en début de carrière. Cependant il faut raison garder, notre domaine est très porteur et ce n’est donc pas si terrible.

Stabilité : élevé
PROS.
  • Sauf clause de mobilité abusive dans votre contrat de travail (ce qui est rare dans un contrat en CDI auprès d’un client final), vous savez où vous allez travailler et dans quelles conditions, et ça tant que vous ne mettez pas vous même fin à votre contrat.
CONS.
  • Rien de significatif.

Gestion : faible
PROS.
  • En dehors de quelques notes de frais que vous serez éventuellement amené à réaliser dans le cadre de votre activité, vous n’avez rien à faire et rien à déclarer.
CONS.
  • Rien de significatif.

Perspectives de carrière : Elevées
PROS.
  • Vous pouvez accéder à tous les postes que votre société proposerait, dans la mesure de vos compétences et de leur appréciation dans votre entreprise,
  • Votre compte de formation permet d’envisager une reconversion.
CONS.
  • Rien de significatif.

Mon point de vue sur le CDI Interne

Cette solution est excellente une fois un peu d’expérience accumulée. Elle garantit sécurité et revenus corrects tout en offrant de nombreuses perspectives de carrière.

Ce n’est par contre pas une très bonne option en début de carrière où les perspectives de carrière sont basiquement les mêmes qu’en prestation de service (on ne va pas offrir un poste de management à un profil inexpérimenté). Les revenus sont certes légèrement supérieurs à un contrat de prestation en CDI dans une ESN, mais c’est un piège aigre-doux. Vos compétences prennent énormément de valeur les premières années et il sera très difficile de prétendre à des requalifications de poste dans les premières années de carrière. C’est aussi dommage de sacrifier une valorisation importante de votre CV que pourrait offrir la diversification de vos premières expériences.


Pourquoi opter pour un CDI dans une ESN ? (spoiler alert: don’t)

Énormément de postes sont proposés via des ESN (Entreprise de Service du Numérique). Il suffit de mettre votre CV en ligne sur LinkedIn, lesjeudis.com, l’APEC pour vous faire tomber dessus en quelques minutes par des dizaines de sociétés vous proposant monts et merveilles.

Les profils expérimentés ayant tendance à se caser en CDI en interne (dans les sociétés finales), la masse de profils disponibles sur le marché est de facto constituée de jeunes ingénieurs sortis d’écoles ou avec moins de 5 années d’expérience… Et cela tombe très bien car c’est de loin la population la plus rentable pour les ESN, youpi ! Il s’agit généralement de profils manipulables et faciles à arnaquer. 

 


Rémunération : faible
PROS.
  • Primes et CE (dans les sociétés de taille suffisante).
CONS.
  • Si vous n’êtes pas à l’aise en entretien et que vous préférez éviter la confrontation, vous allez probablement vous faire sous-payer :
    • À l’entrée : À votre arrivée dans une ESN on va probablement vous présenter des “grilles” desquelles vous ne pourrez soi-disant pas sortir car #INSERT BULLSHIT HERE#. Et sauf en étant très insistant on ne vous communiquera probablement pas le prix auquel vous êtes réellement vendu aux clients. Il vous sera donc très difficile de vérifier que l’entreprise vous paie un salaire honnête en adéquation avec votre TJM (Taux Journalier Moyen : montant que le client paye pour une journée de votre prestation). Surtout n’hésitez pas à demander votre TJM au client si l’information vous est refusée par l’ESN, ce n’est pas tabou fichtre nom d’un petit bonhomme !
    • Augmentations annuelles : les ESN renégocient les TJM annuellement avec leurs clients, c’est plus ou moins la norme et ça fait généralement partie intégrante de leurs process. Vous pouvez compter sur le fait que l’augmentation ira dans la poche de votre ESN plutôt que dans la vôtre si vous ne vous intéressez pas à cette renégociation,
    • Changement de mission : les ESN maîtrisent parfaitement les tarifs en vigueur et savent valoriser un CV bien mieux que vous (c’est leur job après tout). Vous pouvez être sûr que lorsque vous changerez de mission votre profil sera vendu au client suivant beaucoup plus cher ! Et comptez sur le fait que cette marge ira dans la poche de votre ESN plutôt que dans la vôtre si vous ne vous intéressez pas au processus.
  • Au nom de la cohésion d’entreprise ou d’autres raisons qui touchent à l’affect, vous allez probablement effectuer des tâches et missions annexes pour l’ESN sans être rémunéré : formations, workshops, organisation d’évènements. (Parce qu’après tout c’est normal que vous vous investissiez pour votre pauvre ESN sans le sou.). Le truc fou, c’est qu’on a réussi à faire croire aux salariés que c’est tout à fait normal ! Et si vous demandez à être rémunéré en complément pour le travail fourni sur votre temps personnel, on vous fera bien comprendre que vous êtes un vilain personnage avide et sans cœur… Méfiez-vous de ce genre d’inversion de la charge,
  • Vous serez en général sous Convention Syntec qui n’apporte pas ou peu d’avantage pour le salarié par rapport au code du travail.

Risque : moyen
PROS.
  • Vous êtes un cadre en CDI, qui plus est dans un domaine ultra porteur ou la demande est beaucoup plus forte que l’offre, vous ne risquez pas grand chose concernant votre emploi.
  • Pour tous les problèmes de la vie, l’état vous couvre (retraite, santé, maladie).
CONS.
  • Votre contrat contient toutes les clauses nécessaires pour vous conduire vers la porte en cas d’inactivité, notamment dans la définition des clauses de mobilité.
  • L’ESN saura vous pousser à la démission. En vous proposant des missions à plusieurs centaines de kilomètres, ou encore des missions tellement ingrates que vous ne pourrez pas le supporter plus de quelques semaines. Une démission bloquant vos droits au chômage, vous serez probablement obligé d’accepter ce que vous trouverez sur le moment, même si ce n’est pas la panacée.

Trouver une mission : facile
PROS.
  • C’est extrêmement facile de se faire embaucher, quels que soient votre profil et votre expérience. Je mets d’ailleurs au défi quiconque de ne pas trouver une mission en ESN (dans un grand pôle d’activité) même sans compétences en informatique, tellement la demande est forte et certains commerciaux avides et sans scrupule ! A noter que c’est littéralement le modus operandi de certains profils “escrocs” qui profite de cet état de fait pour passer de mission en mission sur 6 mois ~ 1 an, le temps que le client détecte la supercherie.
CONS.
  • On vous proposera tout et n’importe quoi, vous devrez faire le tri si vous ne voulez pas vous retrouver dans un plan de carrière complètement à l’opposé de vos attentes (et quand je dis n’importe quoi… Ohhhh BOI! Vous n’avez pas idée).

Stabilité : moyenne
PROS.
  • Rien de significatif.
CONS.
  • Votre contrat contient toutes les clauses nécessaires pour vous conduire vers la porte en cas d’inactivité, notamment dans la définition des clauses de mobilité.
  • L’ESN saura vous pousser à la démission. En vous proposant des missions à plusieurs centaines de kilomètres, ou encore des missions tellement ingrates que vous ne pourrez pas le supporter plus de quelques semaines. Une démission bloquant vos droits au chômage, vous serez probablement obligé d’accepter ce que vous trouverez sur le moment, même si ce n’est pas la panacée.
  • Les clauses de non-concurrence (bien qu’en général inapplicable car mal rédigées) qui figurent systématiquement dans les contrats des ESN constituent un moyen de pression parfois (souvent ?) utilisé pour vous empêcher d’évoluer en dehors de l’ESN. Par exemple, en vous interdisant de repartir sur une nouvelle mission pour votre société cliente actuelle en dehors de leur structure…

Gestion : faible
PROS.
  • En dehors de quelques notes de frais que vous serez amené à réaliser dans le cadre de votre activité, vous n’avez rien à faire et rien à déclarer.
CONS.
  • Rien de significatif.

Perspectives de carrière : restreintes
PROS.
  • N’importe qui peut trouver une mission à peu près n’importe où, tout le travail ou presque est fait au niveau commercial. Ce sont des professionnels qui vous vendent, et ils savent vous vendre bien. Même en étant très très mauvais on vous trouvera un poste.
  • Si la carrière n’est pas votre priorité, vous pouvez vous laisser porter, l’ESN se chargera de vous trouver vos missions les unes après les autres,
  • Les ESN disposent de leurs réseaux.
CONS.
  • Si vous n’êtes pas à l’aise avec la recherche d’une mission et les discours commerciaux, vous allez probablement être dirigé de mission en mission selon les besoins actuels de votre ESN plutôt que dans votre propre intérêt (épanouissement, valorisation de votre CV).
  • Le management et tous les postes à responsabilité sont inaccessibles (sauf au sein même de votre ESN).

Mon point de vue sur les ESN

Les ESN répondent initialement à un vrai besoin :

  • Proposer aux entreprises un accès centralisé à de nombreux profils pré-triés en fonction de leurs besoins actuels,
  • Gérer une partie des ressources humaines hors de la société cliente,
  • Proposer des ressources humaines temporaires afin d’absorber une charge ponctuelle d’activité. 

Cependant inutile de se voiler la face, cette activité a depuis longtemps été dévoyée. Malheureusement, les dérives et abus sont devenus monnaie courante et c’est sous cet angle pas très glorieux que je vais vous présenter ce qu’il se pratique.

Des marges souvent abusives

Une ESN prélève entre 30% à 50% (voir plus !) du TJM (Taux Journalier Moyen : montant que le client paye pour une journée de votre prestation) au titre de sa marge.

S’il est vrai qu’une société doit s’assurer d’être suffisamment rentable pour payer l’ensemble des frais légitimes, inhérent à la vie d’une société :

  • Rémunération des collaborateurs internes à l’ESN (commerciaux, RH, administration, etc.),
  • Rémunération des dirigeants et des investisseurs,
  • Locaux et matériels,
  • Salaires des consultants en intercontrat (rare… Hors COVID of course),
  • Risques professionnels (RC Pro et dépassements éventuels des coûts des dommages par rapport à la limite de cette assurance).

Les calculs avancés pour justifier les marges sont généralement complètement en dehors de la réalité :

  • L’intercontrat qui est la justification de base de la marge des ESN, est quasiment inexistant dans nos domaines. Cette provision qui est légitime sur le papier est volontairement très surévaluée pour augmenter la rentabilité faite sur le dos des consultants,
  • Le travail commercial est réalisé à l’entrée dans la mission principalement. Il n’est pas rare qu’un consultant reste chez le même client pendant 2 ans ou plus, et la rémunération du travail commercial est encore une fois très très largement surévaluée.
  • Les “évènements”. En tant que chef d’entreprise je vous le dis, c’est coûteux. Mais clairement non ça ne coûte pas 1000€ par salarié et par an.

Preuve par l’exemple :

imaginons un profil ingénieur qui serait vendu 450€ jour et qui aurait travaillé l’année complète en ayant pris ses 5 semaines de vacances soit 228 jours travaillés au total sur l’année (le nombre de jours ouvrés en 2020 est de 253, si l’on considère 25 jours de congés payés alors le nombre de jours travaillés en 2020 est de 228). Le chiffre d’affaires généré par le profil sur une année est de : 450 x 228 = 102 600 €.

Le salaire d’un ingénieur junior qui s’est très mal vendu :

  • Salaire Brut : 32 000 €
  • Coût du salaire pour la société (salaire + charges salariales) : 32 000 x 1,42 = 45 440€
  • Marge sur le TJM : 102 600 – 45 440 = 57 160€ soit 56% du TJM prélevé

Le salaire d’un ingénieur junior qui s’est super bien vendu :

  • Salaire Brut : 42 000 €
  • Coût du salaire pour la société (salaire + charges salariales) : 42 000 x 1,42 = 59 640 €
  • Marge sur le TJM : 102 600 – 59640 = 42 960 € soit 42% du TJM prélevé.

En étant généreux sur les chiffres, admettons que 30% soit effectivement une marge raisonnable permettant de payer les locaux, les commerciaux, la comptabilité, les soirées, les goodies, la part de rémunération des dirigeants ainsi que l’ensemble des autres frais de cette société tout en réalisant un bénéfice substantiel permettant de faire croître l’activité et de faire plaisir aux investisseurs. Et bien toute la marge au dessus de ces 30% c’est du pur bénéfice pour les commerciaux, les dirigeants et les investisseurs. C’est littéralement votre argent qui fini dans la poche d’autres personnes… Ca ne vous rappelle pas un métier ?

Des pratiques parfois nauséabondes, et l’exploitation des jeunes

Et ce qui est cool dans certaines ESN, c’est que dans l’hypothèse où aucun cadre n’est défini au sein de l’entreprise pour définir ces marges (comme si c’était un truc qu’on voit souvent) et bien tout ça dépend de l’honnêteté de votre commercial et de votre pugnacité lors de l’entretien d’embauche… Autant vous dire qu’en temps que jeune ingénieur ingénu face à des commerciaux de professions, vous vous ferez rouler dans la farine si bien qu’on aura plus qu’à vous enfourner dans le four à pain.

La prime des commerciaux étant généralement indexée sur la marge réalisée, les chargés d’affaires peu scrupuleux n’hésiteront pas à négocier le plus bas salaire possible pour votre embauche, et ça quelque soit le TJM (Taux Journalier Moyen : montant que le client paye pour une journée de votre prestation) effectivement négocié avec le client pour votre profil. – Avec un système à la con comme celui là récompensant les comportements les plus bas… Putain pas de quoi s’étonner de voir les marges flamber.

C’est pourquoi vous devez toujours demander votre TJM. Et si votre ESN ne le fournit pas vous saurez qu’il y a anguille sous roche. N’hésitez pas à le demander à votre client également, ce n’est pas tabou, sortez-vous cette idée de la tête. Comme dirait l’autre, vous faites le jeu des ESN.

Comme vous l’aurez sans doute compris à la lecture de cette synthèse, selon moi il n’existe aucune bonne raison qui justifie d’opter pour un CDI auprès d’une ESN (si vous avez le choix). Cette méthode d’accès à l’emploi (dans notre domaine en particulier) est complètement obsolète et ne correspond absolument plus à la réalité actuelle du marché. Si ces sociétés perdurent encore sur ce modèle “à l’ancienne” c’est par simple inertie et par manque de formation et d’informations sur le fonctionnement du marché du travail dans les écoles, IUT, CFA, etc…

Pour conclure, sans vouloir me faire pousser la moustache pour aller dresser des barricades de pneus sur les routes une Kro à la main, c’est bien à nous les travailleurs, ceux en qui réside la compétence et le savoir-faire si prisés par les entreprises qu’il incombe la responsabilité de faire changer les choses ! Réveillez-vous !


Freelance

Il s’agit de la méthode d’accès à l’emploi très plébiscitée chez les profils expérimentés et initiés à ce statut. La création d’une société peut faire peur de prime abord, c’est pourquoi les nouveaux freelances sont souvent amenés dans ce milieu par d’autres freelances.

Bien que ce statut soit à la portée de tout le monde, beaucoup ne se sentent (à tort) pas les épaules. Et c’est bien dommage car souvent cette décision repose sur des a priori fantasmés et distordus quant à la supposée complexité de la gestion d’entreprise et le risque.

Il existe énormément de littérature sur internet concernant le début de l’activité de consultant freelance. je ne peux que vous recommander chaudement de faire quelques recherches.

Pourquoi opter pour cette solution ?


Rémunération : très élevé
PROS.
  • Vous allez probablement doubler voir tripler votre salaire,
  • Vous pouvez optimiser votre fiscalité en comptabilisant vos dépenses professionnelles.
CONS.
  • Pas de travail, pas de salaire.

 


Risque : moyen
PROS.
  • Vous avez largement les moyens pour souscrire aux services complémentaires supérieurs à ceux fournis par l’Etat, sans induire une baisse significative de vos revenus
CONS.
  • Vous n’êtes pas en CDI, votre couverture santé, retraite, famille dépend de vous, c’est à vous de souscrire auprès de services privés,
  • Il vous sera très difficile voir impossible de trouver un prêt immobilier les 2 premières années d’exercice,
  • Pas de chômage.

 


Trouver une mission : moyen
PROS.
  • Les ESN travaillent avec les Freelances et les sociétés de portage salarial (la demande étant supérieure à l’offre). C’est un vilain secret de polichinelle, et ça n’arrange pas les ESN que ça se sache de plus en plus… Mais c’est vrai.
CONS.
  • C’est à vous de vous vendre en tant que freelance, et vous devrez souvent désamorcer les discussions et “ouin-ouin” commerciales qui n’apprécie pas qu’on leur ôte le pain de la bouche,
  • Vous passerez après un profil en CDI dans l’ESN qui propose la mission. (encore faut-il que le cas arrive, généralement les ESN peinent à mettre la main sur un profil en temps voulu… Alors deux !)

Stabilité : moyenne
PROS.
  • Rien de significatif.
CONS.
  • Vous êtes prestataire, la durée de votre mission chez votre client est généralement limitée à 2 ou 3 ans.

 


Gestion : élevée
PROS.
  • Vous gérez votre chiffre d’affaires comme vous l’entendez (dans les limites imposées par la loi). Il existe tout un tas de façon de gérer votre argent, et vous trouverez vite une méthode qui convient à votre façon de voir les choses.
CONS.
  • Vous êtes chef d’entreprise, vous devez comprendre et gérer votre comptabilité avec l’aide de votre expert comptable (qui fera presque tout le boulot soyons honnête) ainsi que l’administration. C’est à vous d’établir les factures de vente de vos prestations, de comptabiliser vos factures d’achats, etc… Bref, bordel.
  • Les services tiers obligatoires ou fortement nécessaires sont payants : expert comptable,  organisme de couverture santé, retraite, famille, etc. – Cependant avec les revenus que vous allez générer, vous aurez largement les moyens de prendre le top notch des services et doubler votre salaire (à minima).
  • Les organismes privés avec qui vous traitez (expert comptable, banque professionnelle, mutuelle, assurances pro, etc.) imposent leurs propres outils administratifs et leurs propres démarches qu’il faut connaître un minimum pour être efficace.

Perspectives de carrière : élevées
PROS.
  • Vous faites ce que vous voulez, travailler pour qui vous voulez, vous avez votre mot à dire sur les conditions de réalisation de votre mission,
  • Vous pouvez mener toute activité commerciale en sus.
CONS.
  • Si vous n’êtes pas à l’aise avec la recherche de poste et le dialogue commercial inhérent à la recherche d’une mission, vous allez probablement un peu galérer
  • Le management et les postes à responsabilité vous oubliez

Mon point de vue sur la freelance

Go for it ! Comme évoqué plus tôt, trouver du travail n’est pas forcément très compliqué dans nos domaines. L’intercontrat est franchement rare et il est donc peu probable que vous vous retrouviez le bec dans l’eau pendant des semaines ou des mois. Et de toute façons, vos revenus vous permettent largement de couvrir ces périodes éventuelles d’inactivité.

Il existe tout un tas de services de santé et prévoyance vous permettant de vous assurer certains revenus en cas d’accident ou de maladie. Entre 50€ et 100€ par mois (ce qui n’est pas énorme par rapport à votre salaire en tant que freelance) vous pouvez vous couvrir plusieurs années avec un revenu entre 2000€ et 4000€ en fonction des options et de votre profil (à risque ou non… Aaaah les assurances…).

En réalité c’est relativement simple de se lancer. Il faut bien entendu prendre le temps de lire quelques sites spécialisés et/ou échanger avec d’autres freelances pour acquérir les quelques notions essentielles à la création d’une entreprise et à sa gestion mais une fois ce vernis acquis il n’y a franchement rien d’incroyable à surmonter. Et s’il y a bien une qualité que l’on retrouve chez les amateurs de sécurité offensive c’est bien la pugnacité. Je ne me fais donc pas trop de souci pour vous.

Au-delà de l’aspect rémunération, c’est aussi un statut offrant une réponse aux autres projets professionnels que vous pourriez avoir en tête. Car votre entreprise une fois créée peut vous permettre de réaliser des missions sur le format classique de la prestation, mais aussi de lancer votre activité propre.

Par ailleurs, c’est aussi une incroyable expérience qui permet de découvrir comment fonctionne une entreprise en France.

A noter que malgré l’idée reçue, il est presque aussi simple de trouver une mission en freelance qu’en CDI dans une ESN. En effet, la plupart des missions proposées par les ESN (Entreprise de Service du Numérique) sont également ouvertes aux profils en freelance et en portage salarial.

C’est de loin la méthode la plus rentable financièrement, elle ouvre par ailleurs la porte à la diversification de vos activités si vous l’envisagez. C’est donc un incroyable moyen de s’épanouir dans sa vie professionnelle.


Portage Salarial

Il s’agit d’une méthode d’accès à l’emploi assez confidentielle bien qu’en train de se démocratiser, très utilisée par les seniors.

La plupart des missions proposées par les ESN (Entreprise de Service du Numérique) sont également ouvertes aux profils en freelance et en portage salarial.

C’est une méthode qui offre une rémunération significativement supérieure aux CDI classiques (chez le client final ou en ESN), sans gestion supplémentaire et pour une sécurité de l’emploi bien supérieure aux CDI en ESN.

Le statut a évolué en 2017 avec l’arrivée d’une convention collective adaptée à ce type de contrat, définissant un cadre protégeant les salariés portés.

Pourquoi opter pour cette solution ?


Rémunération : élevé
PROS.
  • Vous allez gagner beaucoup plus qu’en CDI classique (chez le client final ou en ESN), il est très probable que vous doubliez votre salaire ou pas loin. Votre salaire est indexé directement sur ce que vous êtes vendu au client final. Une société de portage salarial prend entre 5% à 10% de frais de gestion. Si l’ESN qui vous porte commercialement prend une part raisonnable (entre 5% et 20% en fonction de qui a fourni la mission, vous ou l’ESN).
  • CE dans les sociétés de taille suffisante.
CONS.
  • Pas de travail, pas de salaire.
  • Vos revenus ne sont pas aussi importants qu’en freelance car soumis aux cotisations sociales salariales/patronales importantes cependant ces cotisations correspondent à votre part chômage, retraite, santé public que vous n’avez pas à provisionner par ailleurs.

Risque : faible
PROS.
  • Vous avez une ouverture de vos droits chômage quasiment automatique et systématique en fin de mission via le système de rupture conventionnelle inhérent au format,
  • Pas de clause de non-concurrence, vous êtes libre de changer de société de portage salarial quand vous le souhaitez tout en gardant votre mission,
  • A la différence des ESN classiques, la loi impose aux société de portage salarial de souscrire a une assurance (garantie financière) destinée à assurer le versement des salaires même en cas d’impayé côté client.
  • Vos droits chômages sont indexés sur vos fort salaires, vous laissant latitude nécessaire pour chercher une mission,
  • Il en va de même pour votre retraite qui est indexée sur vos revenus.
CONS.
  • Rien de significatif.

Trouver une mission : facile
PROS.
  • Les ESN travaillent avec les freelance et les sociétés de portage salarial (la demande étant supérieure à l’offre). C’est un vilain secret de polichinelle, et ça n’arrange pas les ESN que ça se sache de plus en plus… Mais c’est vrai.
  • Même si ce n’est normalement pas dans leurs prérogatives, les sociétés de portage salarial disposent généralement de leur propre réseau, rien qu’au travers de leurs salariés.
CONS.
  • Vous passerez après un profil en CDI dans l’ESN qui propose la mission. (encore faut-il que le cas arrive, généralement les ESN peinent à mettre la main sur un profil en temps voulu, alors deux !)

Stabilité : moyenne
PROS.
  • Rien de significatif.
CONS.
  • Vous êtes prestataire, la durée de votre mission chez votre client est généralement limitée à 2 ou 3 ans.

Gestion : moyenne
PROS.
  • La société de portage salarial gère pour vous l’administratif et la facturation
  • Vous gérez votre chiffre d’affaires presque comme vous l’entendez (dans les limites imposées par la loi et par la société de portage salarial). Il existe tout un tas de façon de gérer votre argent, et vous trouverez vite une méthode qui convient à votre façon de voir les choses.
CONS.
  • Vous avez le droit de défiscaliser vos frais, pour bénéficier de cet avantage considérable vous devez tenir à jour la comptabilité de vos frais.

Carrière : élevées
PROS.
  • Vous faites ce que vous voulez, travailler pour qui vous voulez, vous avez votre mot à dire sur les conditions de réalisation de votre mission
  • Vous pouvez mener toute activité commerciale en sus en dehors du service à la personne.
  • Les sociétés de portage salarial disposent de leurs réseaux,
  • Votre compte de formation permet d’envisager une reconversion.
CONS.
  • Le management et les postes à responsabilité vous oubliez.

Mon point de vue sur le portage salarial

Le portage salarial est une méthode d’accès à l’emploi qui existe depuis plus de 30 ans. Elle a été initialement pensée pour offrir une expérience auto-entrepreneuriale sans la lourdeur administrative qu’impose la gestion d’une entreprise. Ce statut a été officiellement reconnu en 2017 par la création d’une convention collective destinée à encadrer cette activité : IDCC 3219 – Branche des salariés en portage salarial.

Le CDI de portage salarial est selon moi la meilleure alternative au CDI au sein d’une ESN.  Ce statut offre un niveau de rémunération et une autonomie inégalable en CDI pour finalement moins de risque.

Le portage salarial est également une alternative concrète à la freelance en proposant des niveaux de rémunération et d’autonomie approchants, sans les contraintes de la création et de la gestion d’entreprise inhérente au statut de freelance et proposant les avantages propres au salariat (cotisations chômage, cotisations retraite, régime de santé, etc.).

Par ailleurs, le portage salarial peut être utilisé pour tester un concept professionnel, ce statut représente l’étape préliminaire idéale à la création d’une entreprise de service ou de consulting.

Pour en découvrir plus, je vous invite à parcourir la littérature internet traitant le sujet. Un bon endroit pour commencer serait le site d’une société de confiance : GetNow Portage Salarial. <= Attention #4 : publicité évidente


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Merci aux relecteurs : @CyrilBrulebois, @Noam_Hamnich, Max, @PeterPwn, @mud_pak, @seaba_ss, ainsi que quelques anonymes.